Polar/thriller

Avis polar #2 : Lisa Jewell, Sarah Perret, Karsten Dusse

À défaut d’en faire une longue chronique voici quelques avis où je vous dis l’essentiel sur les romans que j’ai lus récemment et qui m’ont plus ou moins plu. J’étais persuadée d’avoir posté celui de fin novembre alors qu’il était resté dans mes brouillons… Voici mon avis sur trois romans que j’ai beaucoup aimés, d’autres avis lecture sont à venir ainsi que celui du bilan 2022 qui ne fera qu’un avec les meilleures lectures.

L’article consacré aux nouveautés de janvier est prêt depuis quelques jours, j’attends encore quelques précisions concernant une publication avant de le publier.

Je vous souhaite une très belle semaine et de belles lectures !

Certains secrets de famille sont plus mortels que d’autres…
Trois cadavres et un bébé abandonné : c’est la macabre découverte que fait la police dans une belle demeure de Chelsea, celle qu’occupait la famille Lamb. Faute de preuves et de témoignages, les enquêteurs privilégient la piste d’un suicide collectif et l’affaire est classée.
Vingt-cinq ans plus tard, quand Libby hérite de la maison et se voit révéler les circonstances de son adoption, elle se rend sur les lieux pour percer le mystère de ses origines. Accompagnée par Miller, un journaliste qui a enquêté sur cette terrible affaire, la jeune femme va faire des découvertes troublantes. Mais est-elle prête à découvrir l’effroyable secret qu’on lui cache depuis sa naissance ? Elle ignore encore que quelqu’un, quelque part, donnerait cher pour la retrouver

Une maison, deux familles, trois cadavres
Et une lectrice en plus !
C’est le premier roman de Lisa Jewell que je découvre et certainement pas le dernier.
Je pensais lire un énième roman domestique, un genre qui ne m’attire absolument pas, à cause de ses longueurs, et qui souvent ne me raconte pas grand chose. Ici ce n’est absolument pas le cas, je vous défie de reposer ce livre avant la dernière page.
J’ai trouvé ce roman très bien construit, et très bien écrit, d’une extrême fluidité, (même avec la narration à trois voix), d’une belle finesse, d’une intelligence dans son propos à ne pas négliger. Et cerise sur le gâteau ; de nombreux rebondissements qui tiennent la route.
Lisa Jewell maitrise parfaitement son suspense ancré dans le pur style de roman British dans une atmosphère très sombre dont on ne se doute pas.
J’ai fortement pensé au plaisir que j’avais eu à lire La Coupure de l’auteure Fiona Barton, titre que je vous conseille sans réserve si vous avez aimé Ils sont chez nous.
J’ai trouvé chez Lisa Jewell de très belles qualités, Ils sont chez nous n’est que le premier.

La petite, Sarah Perret
La Petite, c’est le paradis ressuscité de l’enfance et d’un monde désormais perdu : celui des paysans de Chartreuse dans le courant du vingtième siècle –; des vies modestes, pétries d’humanité.
Prix Jean Anglade 2022

Jean et sa petite sœur Ophélie vivent au pied des montagnes de Chartreuse, dans  » la vieille maison « , avec leurs grands-parents Euphoisine et Jules, leur grand-tante Séraphie et leur aïeule, Adèle. De leurs parents, l’on ne sait rien, sinon des légendes que racontent les cousins. Quand toute la famille est réunie, pour fêter la fin des fenaisons, des paroles échappent aux adultes, qui baissent la voix en présence de la jeune génération. La maison elle-même, qui a sa géographie particulière, d’en-bas, d’en-haut, comme disent les grands-parents, et ses lieux inquiétants, la cave et le galetas, semble délivrer des messages, aux jours de grand vent. Univers autant que personnage du roman, elle enferme les secrets de la famille, tantôt les dissimule et tantôt les révèle. Au cœur de la Savoie, dans ce milieu pieux et austère de paysans taiseux, où les jours sont rythmés par les travaux, les prières et les rituels religieux, les enfants vont découvrir au galetas une boîte contenant le journal d’une grand-tante dont ils n’ont jamais entendu parler. Et ce sera comme ouvrir la boîte de Pandore. Les adultes ont pris le parti de protéger les enfants en leur cachant les drames de la famille et les liens véritables qui les unissent les uns aux autres. Mais, intimement, les enfants pressentent et souffrent. Les secrets eux-mêmes aspirent à se dire. Quel sera l’impact de ces non-dits sur les plus fragiles ?

Merci à la Masse Critique Babelio de m’avoir fait découvrir cette auteure, il est rare que je lise un premier roman aussi bien écrit.
Sarah Perret l’a écrit une première fois à l’âge de seize ans, et ça se sent, son authenticité , la sensibilité de son écriture en font un roman à part, il est alors impossible de ne pas penser à Franck Bouysse, auteur incontournable du genre.
La Petite n’est pas sans défaut c’est vrai, mais ils sont largement compensés par la plume travaillée de Sarah Perret qui nous offre un premier roman empreint de noirceur, de silence qui tourmentent l’esprit.
J’ai adoré ce roman pour ce qu’il raconte, son authenticité,sa fragilité, il y a cette résonance qui captive par ses lieux, ses personnages et leurs secrets obscurs. Rythmé par la tension ambiante qui y règne, La petite ravive les souvenirs, les sensations, en racontant une histoire du terroir éloignée de notre modernité et de nos vies actuelles.
Mention particulière pour la fin, abrupte, insoupçonnable et finement amenée.
Si vous aimez les romans noirs, presque écrits à la manière d’un conte cruel, La Petite devrait vous plaire.

« Car la petite, aussi frêle et vulnérable qu’elle fût, avait elle aussi un sixième sens, une empathie singulière. Elle percevait la méchanceté des gens, le mal. Un bonjour qui tarde, un regard torve, ou juste ce grouillement dans son ventre en présence d’un adulte malintentionné, étaient des signaux d’alerte. Il aurait fallu fuir ou crier, mais elle n’en avait pas la force. Cette fois le loup allait la dévorer. »

Björn Diemel est avocat. Avocat d’un mafieux, ce qui lui vaut, dans le cabinet pour lequel il travaille, d’être laissé de côté – jamais on ne laissera un avocat avec de telles fréquentations devenir associé, mais, en même temps, il assure une bonne partie du chiffre d’affaires du cabinet ! En tout cas, il est stressé, et cela rejaillit sur sa vie de couple. Sa femme, lassée de ne pas reconnaître l’homme qu’elle a aimé, lui pose alors un ultimatum : soit il change, soit elle le quitte.
Mais comment changer ? Comment apprendre à gérer le stress autrement ? Björn Diemel, sans vraiment y croire, accepte de consulter un coach, spécialisé en pleine conscience. Il passe tout prêt de rater son premier rendez-vous, mais, finalement, il rencontre Joschka Breitner. Celui-ci lui propose de nouvelles clés, une façon nouvelle de regarder les événements.
Alors, quand, le week-end suivant, alors qu’il s’est engagé auprès de sa femme à ne s’occuper que de sa fille, il est appelé en urgence par Dragan, son commanditaire, qui doit disparaître, Björn va accéder à sa demande… mais au-delà de ses espérances !

Voici le premier tome de la saga Les Meurtres Zen, que j’ai eu le plaisir de découvrir dans le cadre de ma participation à la team Thriller Cherche Midi. Ne vous fiez pas aux apparences, ce thriller n’est pas vraiment axé sur le développement personnel, seulement par petites touches de conseils et d’humour, à chaque début de chapitre. Bien que je n’étais pas hyper emballée à l’idée de lire un polar sur le développement personnel, je dois avouer que j’ai savouré pleinement l’humour et le ton de ce thriller original grace à Björn ce personnage tellement décalé et complètement sarcastique qui pimente l’histoire. Un deuxième tome est prévu, je croise les doigts pour quitter le côté mafia et avocat qui ne m’a pas plus séduite que cela. Si vous avez envie de prendre l’air, d’apprendre des petites choses sur vous sans quitter le polar je vous le recommande.

« Si vous attendez devant une porte, vous attendez devant une porte. Si vous vous disputez avec votre femme, vous vous disputez avec elle. C’est ce qu’on appelle la pleine conscience. Si vous attendez devant une porte et que vous en profitez pour vous disputer mentalement avec votre femme, ce n’est plus de la pleine conscience. C’est juste idiot. »

3 commentaires sur “Avis polar #2 : Lisa Jewell, Sarah Perret, Karsten Dusse

  1. J’ai beaucoup aimé « Ils sont chez nous », que j’ai découvert cet été. Mon premier Lisa Jewell, trouvé par hasard dans une bouquinerie. Depuis, j’ai lu « Je serai ton ombre », que j’ai bien aimé également, mais dans une moindre mesure.
    Sinon, « La petite » est dans ma liste d’envies, il faut absolument que je le case rapidement car il a l’air super !
    Quant au dernier que tu présentes, y’a rien à faire, je n’ai toujours pas envie de le lire. J’sais pas, il ne me tente pas. 😁

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