Disparition·Polar/thriller·Roman noir

La disparition dans le polar, ma sélection.

Après la liste de polars qui vous ont fait voyager cet été, voici celle sur ma thématique préférée, la disparition qui est un sujet phare du polar. En général le traitement de l’enquête reste le premier aspect plébiscité par les lecteurs. Action, rythme infernal, rebondissements, twists c’est un peu les checkpoint d’un Best-seller vite oublié et c’est justement ce que vous ne trouverez pas dans cette liste.

À mon sens, en littérature le traitement de la disparition est bien plus intéressant qu’une enquête classique et ses révélations finales. Ce que j’aime dans la disparition c’est la façon dont l’auteur va la traiter, et pour ça il y a plusieurs aspects. L’atmosphère, les lieux, les personnages, la psychologie, et l’originalité.

Dans cette liste, j’ai sélectionné les polars dont j’en garde un excellent souvenir, immersifs de par leur originalité marquée et leur suspense très bien maintenu.

Des plus classiques aux plus originaux, je vous propose ceux dont on parle peu et qui abordent la disparition comme point de départ de l’enquête et dont on en explore aussi et surtout ses conséquences et les traumatismes.

C’est d’ailleurs après ma lecture de L’eau Rouge que s’est imposé à moi l’idée de rédiger cette liste.

Croatie, 1989. Dans un bourg de la côte dalmate, Silva, 17 ans, disparaît durant la fête des pêcheurs. L’enquête menée par Gorki Sain fait émerger un portrait complexe de cette jeune fille qui prenait et revendait de la drogue. Quand le régime de Tito s’effondre, l’inspecteur est poussé à la démission et l’affaire classée. Seule la famille de Silva poursuit obstinément les recherches.
À travers ce drame intime et la quête de la vérité par la famille, L’Eau rouge déploie dans une grande fresque les bouleversements de la société croate : chute du communisme, guerre de 1991 à 1995, effondrement de l’économie et de l’industrie, statut des vétérans de guerre, explosion de l’industrie touristique et spéculation foncière, investissements étrangers et corruption… Ou comment les traumatismes de l’Histoire forgent les destins individuels.

« Cet instant où Silva a dit Allez, salut et fais virevolter sa robe vers la sortie, c’est la dernière fois qu’ils l’ont vue. »

L’eau Rouge c’est bien plus qu’une enquête classée trop tôt. Tout en pudeur, le premier roman de Jurica Pavicic traduit en France, raconte dans une intrigue qui s’étend de 1989 à 2015 la disparition d’une adolescente et ses conséquences.

Un Broadchurch polyphonique.

Entre leurs obsessions et leurs silences on va suivre pendant près de 27 ans les parents de Silva, Vesna et Jakov, son frère Mate, et ceux qui l’ont côtoyée de près ou de loin lors de la fête des pêcheurs.

Quel beau polar ! Malgré son rythme lent, il se dévore ! impossible pour moi de ne pas adhérer à L’eau Rouge tant il est composé de tous les excellents aspects précédemment cités ; atmosphère, psychologie, sensibilité. À travers ce drame familial, la tristesse et la mélancolie se confondent dans l’atmosphère froide de la modeste communauté de Misto. À lire absolument pour les lecteurs du genre.

C’est l’histoire de Lilia, enlevée à sept ans par son père, et de la longue cavale qui dura toute son adolescence. C’est l’histoire de Christopher, le détective engagé par la mère de Lilia pour la retrouver et de sa fille Michaela, qui rêvait d’être funambule avant de finir dans une boîte minable de Montréal. Michaela sait ce que Lilia a toujours ignoré : la raison de sa cavale. C’est enfin l’histoire d’Eli, étudiant passionné par les langues et la fragilité des sentiments qu’elles servent à exprimer, qui a hébergé Lilia à New York suffisamment longtemps pour tomber amoureux d’elle et partir à sa recherche lorsque, une fois de plus, elle s’enfuit. C’est dans une Montréal hypnotique que se dénouera cette histoire de fenêtres brisées et de neige, une histoire en forme d’éclats de miroir brisé qui, une fois reconstitué, dessine une vision déchirante du monde.Mon avis : Dernière nuit à Montréal

Je ne connaissais pas Emily St John Mandel, et c’est une réelle surprise tant l’intrigue est originale, qu’elle aborde dans ce roman une thématique en filigrane à laquelle je suis très sensible et dont elle préserve le mystère jusqu’à la toute fin. Si vous aimez les histoires de disparition qui tiennent la route psychologiquement et émotionnellement, ne passez pas à côté. C’est bouleversant, et dramatique comme j’aime.

Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie…
Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang. Mon avis Dans la brume écarlate-Nicolas Lebel

Dans toute sa noirceur ce polar est de toute beauté !

Une atmosphère qui se veut vaporeuse et sinistre, entre les tombeaux et les mausolées du Père-Lachaise, il s’y glisse de nombreuses références littéraires. DANS LA BRUME ÉCARLATE est un polar gothique, une histoire profondément humaniste, des valeurs où l’on prie encore pour qu’elles deviennent universelles.

Bartlett, New Hampshire (au Nord-Est des États-Unis, près de la frontière canadienne. Annalee Ahlberg, architecte indépendante, mariée à un professeur de littérature américaine exerçant à l’université et mère de deux filles – Lianna, 21 ans, et Paige, 12 ans – a disparu. Traitée pour somnambulisme depuis plusieurs années, les crises avaient paru s’atténuer ; pour la première fois depuis tout ce temps, Warren, son mari, s’était absenté pour participer à une rencontre de poésie.
Accident ? Disparition volontaire ? Enlèvement ? Crime de rôdeur ? La pauvreté des indices fait que, rapidement, l’enquête tourne en rond, abandonnant à leur sort Warren, Lianna et Paige.
Mais qu’y a-t-il donc derrière la photographie lisse de carte postale ? Chacun a ses petits secrets, plus ou moins avouables… Mon avis : Les yeux fermés, Chris Bohjalian

Tout semble crédible c’en est presque effrayant, même si parfois ça manque de palpitant, c’est captivant de bout en bout, avec une fin particulièrement réussie !

CONNAÎT-ON VRAIMENT LES GENS QU’ON AIME ?
Dans sa grande maison aux abords de Stockholm, Maria aime sa famille recomposée avec son nouveau mari Samir, son petit Vincent, si fragile et attachant, et sa splendide belle-fille Yasmin, qui couvre ce dernier d’amour.
Par une terrible nuit d’hiver, Yasmin disparaît près de la falaise, mais aucun corps n’est jamais retrouvé.
Bientôt, tout accuse Samir. Après tout, n’avait-il pas une relation conflictuelle avec sa fille ?
Maria ne peut y croire, mais petit à petit, le doute l’envahit… Les inspecteurs Gunnar Wijk et Ann-Britt Svensson sont chargés de l’enquête. Jamais faux-semblants et mensonges n’auront autant régné.
L’Horizon d’une nuit est un nouveau tour de force psychologique, aussi captivant que bouleversant, car chaque membre de la famille dévoile tour à tour sa version du drame, nous menant tout droit vers un rebondissement final qui laisse sans voix.Mon avis : L’horizon d’une nuit, Camilla Grebe

J’ai énormément aimé ce roman parce que derrière une intrigue divertissante, les mystères et les rebondissements, L’horizon d’une nuit bien ancré dans notre société est résolument engagé et sensible.

Il y a vingt ans, une adolescente nommée Tara disparaît sans laisser de trace. Son corps n’a jamais été retrouvé, et sa famille a fini par accepter son deuil. Pourtant, le soir de Noël, on frappe trois coups à la porte. Sur le seuil se tient une jeune fille qui ressemble étrangement à Tara. Et elle a l’air toujours aussi jeune… après la joie des retrouvailles, des questions se posent. Peter, qui ne croit pas aux miracles, croit encore moins à l’histoire de sa soeur, qui prétend avoir été enlevée par des fées… Mon avis Comme un conte, Graham Joyce

Je triche un peu, ce n’est pas un polar mais il en a toutes les qualités et cela serait une grossière erreur de ne pas le citer. Comme un conte est un roman sf où l’originalité et la psychologie brillent ! Un de mes romans chouchous.

L’héroïne de ce roman est une détective privée de l’Oregon spécialisée dans la recherche d’enfants disparus, surnommée « La femme qui retrouvait les enfants ». Elle-même rescapée d’un kidnapping, elle a développé une intuition et un instinct de survie hors-norme. On la suit dans ses recherches à travers les patelins et les forêts mystérieuses du Pacific Northwest pour retrouver une fillette disparue depuis trois ans.

René Denfeld est une auteure américaine, journaliste et enquêtrice, dotée d’une sensibilité comme j’ai rarement lue dans les polars étrangers.
Trouver l’enfant fait la part belle aux contes, c’est un conte cruel qui nous happe, un appel aux songes, le roman atmosphérique parfait pour les lecteurs aimant se laisser porter par la poésie, la plume de René Denfeld se confond merveilleusement aux décors et aux ambiances, elle vient évidemment contraster la noirceur de l’intrigue. J’avais vraiment beaucoup aimé ce roman, empreint d’émotions et de nuances.

En enquêtant sur la disparition de sa sœur, Naomi, « la femme qui retrouvait les enfants », croise le chemin d’une fille des rues de Portland nommée Celia. Naomi tente de faire reconnaître le viol dont a été victime Celia et remonte la trace d’une série de meurtres de jeunes filles. Un roman réaliste et sensible sur le monde de l’enfance meurtrie.

La fille aux papillons est une suite directe de Trouver L’enfant j’ai retrouvé son écriture sensible, par ce fil conducteur important qu’est l’histoire personnelle de Naomi « la femme qui retrouve les enfants », après avoir été retenue en captivité il ne lui reste guère de souvenirs, elle est toujours à la recherche de sa sœur. Avec elle, on arpente les rues de Portland, évidemment cela se prête moins à la poésie que les forêts enneigées de l’Oregon, elle fera la rencontre de Célia, « la fille aux papillons« , une enfant profondément bouleversante « Elle n’avait que douze ans mais en savait plus que la majorité des gens ». Avis complet La fille aux papillons 🦋

White Forest. Mississipi. USA.
Pansy, la petite sœur de Willet et Bert a disparu au bord de l’étang du village alors qu’elle était sous leur surveillance. Depuis, la disparition dévaste la famille. Le frère et la sœur culpabilisent à cause de leur négligence, et leur mère leurrée par la promesse de charlatans de retrouver l’enfant va ruiner ses finances, sa santé et bientôt sa vie.
Quant au père, même s’il était coutumier du fait de s’échapper, il avait lui aussi disparu, en même temps que Pansy. Cette coïncidence éveille la curiosité de Bert et Willet qui le voient au cœur du drame, d’autant qu’il n’est pas réapparu. Mais leurs questions resteront sans réponse à la découverte de la dépouille de ce père. Il serait devenu un indigent alcoolique à des centaines de kilomètres… en Floride. Or, le profil du cadavre ne cadre pas avec son passé de faussaire expérimenté en billet de banque.
Face au mutisme de leur famille, Willet emmène Bert en Floride pour s’expliquer la fin tragique et surprenante de leur père. Mais surtout, les deux adolescents restent persuadés d’y retrouver leur petite sœur Pansy là-bas… qui s’avère un endroit sauvage propice à entretenir les secrets. Un profond sommeil, Tiffany Quay Tyson, Éditions Sonatine

Coup de cœur rentrée littéraire 2022. Il ne s’agit pas d’un énième roman qui porte sur la disparition d’une enfant non, Un profond sommeil traverse le temps et les époques, aborde la culpabilité, la dépression et le deuil, les durs choix que nous avons à faire mais que parfois nous ne faisons finalement pas.

Alors qu’elle s’apprête à quitter la grisaille de Sandling Island pour des vacances au soleil avec sa famille, Nina attend Charlie, sa fille, adolescente imprévisible et secrète. Mais Charlie est en retard et Nina est de plus en plus inquiète. Elle le sent : Charlie est en danger. Fugue, accident, kidnapping ? Dans la petite île battue par les vents, face à l’indifférence de ses voisins et à la lenteur de la police, Nina entame une angoissante course contre la montre pour sauver sa fille. Sa seule arme pour sortir de ce cauchemar : son instinct…

«Une fois n’est pas coutume, les auteurs ne nous placent pas dans la peau de la victime. Du coup, l’énigme se tisse lentement. Ces Anglais-là nous surprennent à chaque fois.»

Qui ne connaît pas Nicci French ? J’ai dévoré presque la totalité de leurs polars. J’ai lu Charlie n’est pas rentrée il y a quelques années maintenant et si les détails sont devenus flous, l’atmosphère, elle, est encore présente dans mon esprit. La particularité de ce polar est qu’il est écrit sans chapitre, je me souviens encore d’une lecture immersive. Même s’il est loin d’être surprenant, c’est classique du genre pour moi.

Tout ce qu’on a su de cette soirée-là, c’est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu’elle n’était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l’Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l’enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n’a jamais su ce qui était arrivé à Kathy.
Que s’est-il réellement passé cet été là ?
Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent.
Le frère de Katie, son professeur, la veuve d’un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient.
Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd’hui encore, qui manipule qui ?
Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d’un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaines. Mon avis Cet été-là

La culpabilité, la solitude, la confusion. Trois mots pour qualifier ce qu’on ressent, ce qu’aborde ce roman d’une grande intensité que j’ai adoré avec ses nuances et où les apparences ne sont que….des apparences. Je crois que c’est la première fois depuis Seul le silence (sans le comparer ni même le mesurer à ce chef d’œuvre) qu’un roman sur cette thématique ne m’avait pas autant emportée. Du point de départ, à ses révélations et de ce j’ai ressenti, Cet-été là fera partie de ces histoires dramatiques les plus marquantes et captivantes que j’ai eues à lire !

Cela fait vingt-quatre ans que Katharina Haugen a disparu. Depuis, Wisting explore obstinément les archives de ce dossier non élucidé. Et personne n’a jamais pu déchiffrer ce qu’on appelle le code de Katharina : des chiffres, des lignes et une croix que la jeune femme avait griffonnés sur une feuille trouvée dans sa cuisine.
L’ouverture d’une enquête sur son mari, Martin, suspecté d’avoir jadis été impliqué dans l’enlèvement de la fille d’un industriel milliardaire, laisse envisager un lien entre les deux affaires. Mais tout cela remonte à si longtemps… Wisting sera t-il capable d’arracher des aveux à un homme avec qui, sans être tout à fait son ami, il pratique parfois la pêche au lancer et à la foëne ? Mon avis ici L’usurpateur et Le code de Katharina, Jorn LIER HORST, polars norvégiens

Ce ne sera pas un polar qui explore vraiment la disparition mais il y a quelque chose de réconfortant et d’attachant à suivre Wisting et sa fille Line, je vous les recommande vivement à la seule condition que vous aimiez les bonnes enquêtes policières.

6 commentaires sur “La disparition dans le polar, ma sélection.

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