Polar/thriller

Dernière nuit à Montréal, Emily St. John Mandel, Éditions Rivages Noir. Je t’aime mélancolie.

 » C’était une vieille histoire qui tenait en quelques phrases, à propos de fenêtres brisées et de neige ; et quand Michaela eut terminé, Lilia s’affaissa sur le banc, le regard levé vers elle, réduite au silence par le choc… Dans quelques minutes, la nuit imploserait dans le bruit et la tragédie, mais pour l’instant Michaela était près d’elle, à l’observer, et lui dit d’une voix douce : – Vous vous souvenez maintenant ? Lilia acquiesça. Oui, je me souviens de tout. »

« Arrêtez de me chercher. Je n’ai pas disparu ; je ne veux pas qu’on me retrouve. Je désire rester volatilisée. Je ne veux pas rentrer à la maison. Lilia. »

Bon, j’aurais dû vous parler d’un autre bouquin, mais j’ai envie de parler de celui-là que je termine à l’instant et que je n’ai pas pu lâcher, je l’ai commencé hier soir et je l’ai fini ce matin.

Je ne vais pas pouvoir vous dire grand chose à part que je pense avoir un micro coup de cœur pour Emily St.John Mandel que je découvre avec son premier roman Dernière nuit à Montréal. Je suis assez surprise de la qualité narrative et originale, et de cette singularité de l’esprit dont elle fait preuve dans ce roman.

Je disais que je n’allais pas pouvoir vous dire grand chose, il s’agit d’une histoire de disparition, j’ai même envie de dire des disparitions de Lilia à deux périodes différentes.

Mais d’une histoire originale captivante et déroutante. C’est l’histoire d’une enfant de 7 ans enlevée par son père une nuit d’hiver.Ils voguent d’hôtels en hôtels, de ville en ville. L’affaire est médiatisée, elle deviendra une obsession pour le détective engagé pour retrouver Lilia.

Des années plus tard c’est l’histoire de la même enfant devenue adulte qui décide encore de disparaître, elle ne prendra qu’une photo pour seul bagage. Eli son compagnon souffrant de son absence part à sa recherche et rencontrera Michaela qui lui dit savoir où se trouve Lilia.

Je n’en dis pas plus, on découvre au fur et mesure les liens entre tous les personnages du récit. Tout ne tourne qu’ autour de Lilia, ses souvenirs, ses voyages, ses envies soudaines de disparaître et l’intérêt de chaque personnage. On suit le passé et le présent à la fois, parfois dans un même chapitre, ce qui demande un peu de gymnastique de l’esprit, mais la plume de l’autrice est limpide se concentrant essentiellement entre ce qu’on doit savoir et ce qu’elle nous confiera plus tard pour que l’on comprenne tous les enjeux de l’histoire et toutes les ramifications. C’est bouleversant, et dramatique comme j’aime.

« Elle en arriva à une conclusion assez perturbante : elle se volatilisait depuis si longtemps qu’elle ne savait plus comment rester. »

Je ne connaissais pas Emily St John Mandel, et c’est une réelle surprise tant l’intrigue est originale, qu’elle aborde dans ce roman une thématique en filigrane à laquelle je suis très sensible et dont elle préserve le mystère jusqu’à la toute fin.

Si vous aimez les histoires de disparition qui tiennent la route psychologiquement et émotionnellement, ne passez pas à côté.

Voilà une auteure que je vais continuer à découvrir, j’ai tout aimé dans ce roman. Il y a chez elle une atmosphère mélancolique omniprésente, entre Laura Kasischke et René Denfeld.

Finalement c’est un coup de cœur.

Dernière nuit à Montréal, Emily St. John Mandel. Éditions Rivages noir 2021 pour le poche, 2009 pour la première publication Traduction Gérard de Chergé.

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