Polar/thriller

S’adapter ou mourir, Antoine Renand, La Bête Noire

Si vous aimez les thrillers purs et durs et que vous n’avez pas encore lu Antoine Renand je ne comprendrais pas.

Elle a 17 ans et s’est enfuie de chez sa mère pour se sentir enfin libre. Accompagnée de son petit ami, elle fait escale chez un homme qu’elle n’a jamais rencontré mais avec lequel elle discute depuis des mois sur Internet. Elle en a fait son confident. Alors qu’il pourrait bien s’agir du plus abject des monstres… Il a 40 ans, est réalisateur de cinéma, en couple avec la même femme depuis leurs années de lycée. De soudains déboires conjugaux et professionnels le contraignent à trouver un job alimentaire : modérateur pour Lifebook, le plus important des réseaux sociaux. Sa mission : supprimer des vidéos interdites du fait de leur caractère choquant, sexuel ou ultraviolent. Dans une société en constante évolution, où le précepte « S’adapter ou mourir » connaît des résonnances tant dans la folie meurtrière des hommes que dans le monde du travail, les destins de ces deux êtres, si éloignés au départ, finiront par s’entrechoquer.

Si vous aimez les thrillers purs et durs et que vous n’avez pas encore lu Antoine Renand je ne comprendrais pas. Avec s’adapter ou mourir il nous offre un thriller moderne, haletant et psychologiquement parfait où il conjugue deux thématiques qui ne m’ont jamais attirée, généralement je m’arrête au début du résumé et je passe mon chemin…

C’est vraiment parce que je connais la plume et les brillantes idées de l’auteur mises en avant dans ses deux thrillers précédents L’empathie et Fermer les yeux que je ne pouvais pas passer à côté de ce dernier roman. S’adapter ou mourir c’est un beau pavé de 570 pages… peu s’en sortent finalement avec brio; nous happer, maintenir le rythme, la tension, et boucler le final, les ingrédients d’un bon thriller… mais certainement pas ceux d’un thriller parfait à mes yeux.

Et ce qui fait la particularité d’Antoine Renand, c’est qu’il ne cède pas à la facilité et évite bien des écueils liés à ces deux thématiques, la violence est présente certes, mais elle est aussi souvent tue, dans l’ombre, prête à exploser, exactement ce qu’il fallait pour aborder la thématique des réseaux sociaux en passant de l’autre côté, celui des modérateurs de contenus.
L’auteur a collé je pense au plus près de LEUR réalité, ici il ne sera pas question de diaboliser les réseaux sociaux, ni de culpabiliser le lecteur mais de nous en montrer leurs conséquences.

J’efface. Et tout va bien dans le meilleur des mondes.

S’adapter ou mourir à l’instar des deux précédents romans, déborde d’humanité et de nuance, ce qui ne serait pas possible sans les personnages qu’Antoine Renand nous développe quitte à leur consacrer un chapitre entier. Et c’est là où pour moi l’auteur excelle : dans l’écriture, souvent sacrifiée dans les thrillers actuels.

Une écriture aussi entraînante que percutante, travaillée et sobre à la fois. Sa plume, bien que cinématographique est au service de ses personnages à la dérive. C’est vraiment le cas dans S’adapter ou mourir, des écorchés vifs, qui vivent ou ont vécu des moments douloureux, et par la force des choses , les parcours de vie difficiles, se retrouvent à une place qu’ils n’avaient jamais imaginée.

Leur part psychologique est leur supplément d’âme, une chose essentielle rarement aussi bien mise en avant dans un thriller aussi sombre.

Psychologiquement parfait.

Alors comment voulez-vous que je ne fasse pas l’éloge de cet auteur et de ce dernier thriller qui coche toutes les cases de ce que j’attends jusqu’à la dernière ligne ?
Amateurs de romans noirs, de thrillers percutants et dans l’air du temps, S’adapter ou mourir est une évidence et non un second choix.

Merci à la team de La Bête Noire Glenn Tavennec,Filipa et Antoine Renand pour leur confiance

S’adapter ou mourir, Antoine Renand,Robert Laffont collection La Bête Noire, octobre 2021

7 commentaires sur “S’adapter ou mourir, Antoine Renand, La Bête Noire

  1. Je l’ai adoré et le mot est faible. Je l’ai fini en transe pratiquement #unebombelivresque. La bonne nouvelle, c’est que visiblement, Antoine ne va pas s’arrêter là. Merci pour cette chronique dithyrambique 🙏. Largement méritée par le talent. Antoine en trois romans, s’installe dans le paysage du thriller pur jus.

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