Polar/thriller

Les Marécages, Joe R Lansdale, Folio policier

Début des années trente, Texas. Rien ne semble avoir bougé depuis la guerre de Sécession. Le Klan domine. Les lynchages demeurent. Harry, treize ans, fils du représentant local de la loi, s’émancipe de ce monde qui le choque en s’isolant dans les marais. Il y croise, dans les méandres endormis, celui que tout le monde dit être un monstre insaisissable, un esprit de la nuit. Harry est fasciné. Il a trouvé, près des traces de cet Homme-Chèvre, le cadavre d’une femme noire bâillonnée avec des barbelés. On parle d’un «ambulant», serial killer d’une époque démunie devant ce type de crimes imputés au Mal sans qu’il n’y ait de véritable enquête. La population blanche ne s’inquiète pas. N’importe quel Noir fera l’affaire. Jusqu’à ce que les cadavres changent de couleur de peau.

« Est-ce qu’une histoire de serial killer peut être écrite du point de vue d’un enfant et être à la fois un roman effrayant et charmant? Sous la plume de Joe R. Lansdale, la réponse est un « oui » sans détour. » Publishers Weekly Joe R. Lansdale est un auteur culte régulièrement récompensé aux Etats-Unis. II a déjà publié plus de deux cents nouvelles et une douzaine de romans dont Un froid d’enfer traduit aux éditions Murder Inc. Les Marécages lui a valu de recevoir l’Edgar Allan Poe Award.

En reprenant le résumé sur Babelio sur le blog je m’aperçois que Les Marécages a remporté le Prix Edgar Allan Poe en 2001, alors que je ne suis absolument pas attirée par les romans noirs américains, c’est le deuxième roman cette année que je découvre estampillé de ce prestigieux Prix.

Les marécages est vraiment un excellent roman noir comme j’ai rarement lu. C’est dans les années 30 que Joe R Lansdale plante son intrigue, lors de la Grande Dépression où il y a bien sûr un contexte social lourd, l’humain n’a qu’une couleur, c’est l’époque de la ségrégation raciale, le Ku Klux Klan envahit les États-Unis.

Et il y a Les Marécages et ces meurtres effroyables et le style de Joe R Lansdale, intelligent, sollicitant nos sens pour notre plaisir de lecteur. Il est impossible de lâcher ce bouquin, d’une part parce que l’éveil de la conscience de Harry, l’enfant qui nous raconte l’histoire, nous ramène à la notion du bien et du mal, de leur transmission et d’autre part parce que Lansdale insuffle un suspens redoutable par des petites touches terrifiantes avec la légende de l’Homme-Chèvre, celui qui gémit la nuit et qui ne sort jamais des marécages. Mais attention, cet aspect ne dessert jamais le récit, la plume de Lansdale ne triche pas, il n’y a pas d’esbroufe, aucun artifice, elle raconte simplement le contexte d’une époque, par les yeux d’un enfant de 11 ans, où l’enfance qui s’évapore peu à peu se heurte à la noirceur humaine.

Moi, ce roman m’a captivée, le mélange est parfaitement bien équilibré entre l’ambiance, le roman noir et le mystère. La plume est belle, jamais contemplative, on s’en imprègne dès les premières pages. Je ne vais pas trop en dire, sur cet excellent roman noir avec lequel je découvre Joe R Lansdale mais il y’a deux choses qui me font dire que je viens de lire un excellent roman, quand je me dis « merde pourquoi je ne l’ai pas lu plus tôt » et quand j’ai immédiatement envie de dégommer tous les bouquins de l’auteur.Alors, n’attendez pas mille ans, vous risqueriez de vous priver d’un intense moment de lecture particulièrement captivant.

Les Marécages, Joe R Lansdale publié chez Folio Policier en 2006. Traduction Bernard Blanc.

3 commentaires sur “Les Marécages, Joe R Lansdale, Folio policier

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