Littérature générale

Le dernier inventeur, Héloïse Guay De Bellissen, Editions Robert Laffont

C’est l’histoire d’un homme entré dans l’Histoire car il a découvert Lascaux à treize ans et des poussières et que la même Histoire a voulu anéantir. Réduire en poussière.

 » Aujourd’hui, c’est le dernier des quatre copains de Montignac encore en vie. Le dernier inventeur, Simon. Quand je quitte son appartement, sur le palier, il me dit « la grotte elle est là’ en me désignant son crâne, « elle est dans ma tête’. Dans l’ascenseur, je prends conscience que je viens de rencontrer une autre grotte. La grotte intérieure d’un petit garçon de quatre-vingt-onze piges qui vient de se rouvrir. Je ne sais toujours pas pourquoi Lascaux m’a emmenée vers une autre cavité, mais au fond c’est cette découverte-là que j’attendais. La vie de Simon Coencas sur une paroi, que j’allais calquer comme l’avaient fait avant moi les préhistoriens avec les dessins de Lascaux.  » Le Dernier Inventeur est une œuvre unique, plongée dans l’Histoire et dans l’âme d’un homme, enquête sur le mystère de l’art préhistorique, réflexion poétique sur l’enfance, la beauté et le mal.

Cette histoire de trésor je n’y ai jamais vraiment cru moi-même, pour la simple et bonne raison que c’est moi le trésor de Lascaux,
soyons un peu sérieux.

Même si à la lecture du résumé l’histoire ne reflète pas la légèreté que je recherche en ce moment, voilà une bien belle évasion littéraire avec Le dernier inventeur que je vous recommande chaudement parce que les romans d‘Héloïse Guay De Belissen, sont de véritables expériences littéraires.

Aucun des romans de cette autrice ne se ressemblent, en 2017 est publié Le roman de Boddah qui raconte l’histoire entre Kurt Cobain et la relation qu’il entretenait avec son ami imaginaire. Puis en 2018 Dans le ventre du loup, écrit admirablement sous forme de conte au style âpre, elle s’empare d’un drame familial, l’assassinat de sa cousine de 9 ans, un roman profond et cathartique.

Le dernier inventeur dévoile une histoire unique, jamais contée, celle d’un homme qui dit avoir eu une vie incroyable !

Comment dans une même existence peut-on être considéré à treize ans comme un héros planétaire, et à quinze ans comme quelqu’un qu’on doit supprimer

Simon Coencas a 91 ans quand il raconte à Héloïse Guay De Belissen comment lui et ses amis, maintenant disparus, ont découvert la grotte de Lascaux  » La chapelle Sixtine de la préhistoire » en 1940. Il lui raconte aussi cet événement que l’on peine encore à comprendre, il a été déporté au camp de Drancy deux années après la découverte de Lascaux.

« Simon, c’est quelqu’un qui affronte tout aussi bien la chance qu’il a eue à Lascaux et l’injustice qu’ils ont subie sa famille et lui. Et cette forme d’affrontement entre la lumière et l’obscurité, entre la joie pure et la tragédie, est digne d’un personnage de roman. »

Un livre que j’ai dévoré en quelques heures tant il est captivant, c’est surtout que la vie de Simon Coencas est chargée d’histoires, je n’ai pas eu l’impression de lire un témoignage, mais un parcours de vie riche, intense, de sa découverte de Lascaux à son internement à Drancy, la vie d’avant, pendant et après.
Entre deux chapitres, l’autrice a eu cette idée fabuleuse de nous plonger au cœur de la grotte, de la « faire parler » juste quelques lignes de temps en temps qui suffisent à apporter une curiosité et une dimension originales. Loin d’un témoignage « froid » bien au contraire, cette histoire est vraiment bordée de tendresse, les liens qu’Héloise a noués avec Simon et sa femme, elle aussi présente dans ce roman, nous plongent dans une atmosphère presque chaleureuse, presque intime aussi.

De cette grotte intérieure, de ces souvenirs impérissables, lors de ces moments partagés entre cafés et chocolats, Héloise Guay De Belissen met en lumière une histoire aussi instructive qu’émotionnelle.

Simon Coencas est décédé en février 2020, il est resté un être lumineux, un grand enfant et la plume originale, le souffle d’Héloise Guay De Belissen se prêtent à merveille avec les émotions et l’hommage qu’elle lui rend.

Le dernier inventeur, Héloïse Guay de Belissen, Editions Robert Laffont, août 2020

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