Littérature Noire·Polar/thriller·Roman noir

LA FILLE AUX PAPILLONS, René Denfeld, Editions Rivages

« Une série policière d’une grande sensibilité »

Résumé : Naomi, enquêtrice spécialisée dans la recherche d’enfants disparus, se lance sur les traces de sa propre sœur évanouie il y a très longtemps. Elle n’a plus aucun souvenir de sa cadette, tout juste un champ de fraises la nuit et la poussière noire sous ses pieds nus alors qu’elle courait pour sauver sa vie. Son enquête la conduit à Portland, Oregon, où des dizaines d’enfants sans abri errent dans les rues comme des fantômes, en quête d’argent, de nourriture et de camaraderie. Alors que des cadavres d’adolescentes sont retrouvés dans les eaux sales de la rivière, Naomi croise la route d’une gamine de douze ans appelée Celia, dont le seul réconfort sont les papillons qu’elle voit voler autour d’elle, comme des petites lueurs d’espoir irisées qui adoucissent les folies de ce monde.

– « Comment faites-vous pour les retrouver ?
– « Parce que je connais le chemin de la liberté

En 2019, je découvrais René Denfeld avec son fascinant roman Trouver l’enfant,(à lire impérativement en premier) vous ne trouverez pas de chronique, la grippe étant passée par moi pendant ma lecture, je n’avais pas rédigé d’article (celui-ci arrive tardivement après ma lecture, persuadée de l’avoir partagé). René Denfeld est une auteure américaine, journaliste et enquêtrice, dotée d’une sensibilité comme j’ai rarement lue dans les polars étrangers.
Trouver l’enfant fait la part belle aux contes, c’est un conte cruel qui nous happe, un appel aux songes, le roman atmosphérique parfait pour les lecteurs aimant se laisser porter par la poésie, la plume de René Denfeld se confond merveilleusement aux décors et aux ambiances, elle vient évidemment contraster la noirceur de l’intrigue. J’avais vraiment beaucoup aimé ce roman, empreint d’émotions et de nuances diverses, mais la magie de l’écriture de René Denfeld m’a encore plus séduite avec ce deuxième titre.

La fille aux papillons est une suite directe, j’ai retrouvé son écriture sensible, par ce fil conducteur important qu’est l’histoire personnelle de Naomi « la femme qui retrouve les enfants », après avoir été retenue en captivité il ne lui reste guère de souvenirs, elle est toujours à la recherche de sa sœur. Avec elle, on arpente les rues de Portland, évidemment cela se prête moins à la poésie que les forêts enneigées de l’Oregon, elle fera la rencontre de Célia, « la fille aux papillons« , une enfant profondément bouleversante « Elle n’avait que douze ans mais en savait plus que la majorité des gens ».

Confrontée à la violence, à la maltraitance, elle doit très tôt fuir, trouver un refuge aussi psychologique que protecteur pour ne pas se perdre à l’intérieur d’elle-même. Célia et Naomi se complètent, d’une certaine manière, elles sont le reflet de l’autre ; elles ont toutes les deux quelqu’un à sauver. À travers elles, la profondeur du dévouement de René Denfeld auprès de la protection de l’enfance transpire page après page, sans faire dans le sensationnalisme et bien loin de la stigmatisation actuelle d’une jeunesse désœuvrée, une cause complètement écartée des préoccupations de notre société.

Aussi sublime qu’est la couverture, il n’y a rien de glamour dans les histoires de René Denfeld, que ce soit dans Trouver l’enfant ou dans La fille aux papillons, elle raconte l’indicible, l’impensable, elle aborde les traumatismes et leur psychologie, la reconstruction des victimes avec son souffle d’ humanité, bien que ces intrigues soient « ordinaires » elles sont au plus proche de la réalité ;  » Un roman déchirant, qui vous tenaille, mais finalement plein d’espoir » selon Margaret Atwood que je rejoins absolument.

J’avais vraiment aimé Trouver l’enfant c’était une fabuleuse découverte littéraire, mais j’ai eu un affect bien plus profond avec La fille aux papillons qui sera incontestablement parmi mes lectures les plus marquantes cette année, plus âpre, moins enchanteur, moins poétique, ca laisse la place à la pureté de René Denfeld qui ne demandait qu’à éclore et je pourrais encore parler pendant un long moment de cette femme et de son vécu personnel pas si éloigné des histoires qu’elle raconte, ni de ses personnages que je vais vous laisser découvrir lors de votre lecture.

Absolument bouleversant !

Extrait page 12 : Elle qui ne croyait en rien d’autre qu’à elle-même et aux papillons savait que les pires terreurs de la rue sont toujours réelles. On peut l’apprendre à ses dépens, ou rester sur ses gardes. Elle fit demi-tour et retourna en courant jusqu’au quartier des laissés-pour compte. Mais elle continuait de sentir ces yeux, à travers la vitre, dont l’embrasement l’avait transpercée et qui brûlait peut-être de colère, ou peut-être d’espoir.

La fille aux papillons, René Denfeld, traduit de l’américain par Pierre Bondil, Editions Rivages Noir, mai 2020

Je remercie infiniment les éditions Rivages pour leur confiance

Trouver l’enfant est disponible en poche aux éditions Rivages

2 commentaires sur “LA FILLE AUX PAPILLONS, René Denfeld, Editions Rivages

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