Nordique·Polar/thriller

Vík,Ragnar Jónasson-EDITIONS DE LA MARTINIÈRE

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Quand les Dix petits nègres rencontrent le meilleur du polar islandais

Des années ont passé avant qu’Ásta ne se décide à remettre les pieds à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík, en islandais), ses rares habitants. Et le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil.

Quand, quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise, l’inspecteur Ari Thór est dépêché sur les lieux. Dans cette contrée perdue, l’étau se resserre inévitablement sur une poignée de suspects. Mais la vérité est peut-être à aller chercher autre part, dans un passé aux résonances morbides, refoulé depuis près de vingt-cinq ans …


En ce mois de novembre propice à la lecture, il était temps que je retourne auprès d’un nordique… Je me souviens encore de ma découverte de Ragnar Jónasson avec Snjór, ce n’était pas gagné, je n’avais pas envisagé que j’allais par la suite tomber sous le charme des futures enquêtes à Siglufjörður…Encore un excellent cru de l’auteur islandais !

Il faut dire que Ari Thór est un personnage authentique de saga, un jeune inspecteur même pas âgé de trente ans, il évolue donc au fil des histoires et prend de l’épaisseur, son aura mystérieuse se développe et l’installe dans une confortable place de choix dans mes polars nordiques ces derniers temps.

Noël approche, il est très accaparé par sa vie personnelle, il ne se doute pas que l’appel de Tómas va l’éloigner pendant quelques jours de Siglufjörður pour se rendre à Kálfshamarsvík. Ásta, la fille de l’ancien gardien de phare a été retrouvée morte à l’endroit exact où s’est déroulé un drame familial 25 ans plus tôt ? Suicide, meurtre, accident ?

D’une plume impeccable sans longues descriptions contemplatives, on va directement à l’essentiel, dans les décors parfois inquiétants, l’intrigue ne va pas mettre mille ans à se mettre en place. Les suspects n’étant pas nombreux, Ari pense que son enquête sera vite pliée et qu’il sera rentré à temps pour fêter Noël à Siglufjörður autour d’un vrai sapin cette fois-ci, mais bien sûr…
Ari et Tomas se rendent vite compte que ces personnalités forment une sorte de « cocon » familial, leur comportement est étrange, ils sont secrets, taiseux, surtout lorsqu’il s’agit de faire resurgir les événements du passé qui les ont, pour la plupart, contraints à rester vivre à Kálfshamarsvík.

On est vite pris au piège de ce village abandonné qui semble être le théâtre d’une troublante malédiction, on lui doit la réussite de cette nouvelle enquête, dans l’Islande « sauvage », des secrets de famille mélangés aux thématiques « sociales », une atmosphère latente et hostile. C’est une histoire terrible, qui nous enveloppe dans un climat de suspicion permanent jusqu’à la toute fin, même s’il reste un polar « traditionnel » un peu trop court à mon goût( histoire de faire durer le plaisir) la phrase d’accroche de Vík selon Franck Thilliez lui sied à merveille : « L’Islande en intraveineuse »…

Ne vous fiez surtout pas aux apparences, entre les soupçons, les étrangetés et les traditions islandaises, ce huis clos flirterait presque avec le conte, mais un cruel conte de Noël…


(Prologue)

 » La petite fille leva les mains devant elle, puis tout se passa très vite : la gravité l’emporta et elle tomba. Elle n’eut même pas le temps de pousser un cri.
Pour  l’accueillir, la mer et les rochers.
Elle était trop jeune pour sentir la mort approcher.
La pointe, la plage, le phare, le paysage – C’était son terrain de jeu.
Jusqu’à ce qu’elle heurte la pierre »


Je remercie chaleureusement les Editions de La Martinière pour leur confiance.

Vík, Ragnar Jónasson, traduction Ombeline Marchon, Editions de La Martinière. Octobre 2019

Autres chroniques de cet auteur: Mörk, Sótt

Ordre des enquêtes de Ari Thór À Siglufjördur : 

Snjór: mai 2016 Nátt : mars 2018 Sótt : Septembre 2018  Vík: octobre 2019 Mörk : mars 2017

8 commentaires sur “Vík,Ragnar Jónasson-EDITIONS DE LA MARTINIÈRE

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