Polar/thriller·Roman noir·Scandinave

Camilla Läckberg-La cage dorée-Actes Noirs

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La cage dorée marque un tournant majeur dans la bibliographie de Camilla Läckberg. Voilà une semaine que je l’ai terminé, ne sachant pas comment j’allais pouvoir parler de cette histoire qui ne m’a pas emballée, sans rebuter les futurs lecteurs, ce n’est pas le but d’une chronique à mon sens si négative, soit-elle. Je fais toujours le choix de donner un ressenti personnel donc subjectif, et cette fois orienté sur ma passion inconditionnelle que je voue à la saga « Les enquêtes d’Erica » ce qui a sûrement joué sur ce que j’attendais.

Le phénomène Camilla Läckberg a émergé il y a quelques années, éditée chez Actes Sud dans leur collection Actes Noirs, ils se démarquent dans le paysage du polar avec leurs sublimes et étranges couvertures.
Elle est LA révélation scandinave de ces dix dernières années, un talent confirmé et un succès rencontré grâce aussi au phénomène Millénium de Stieg Larsson, même si ces deux pointures du polar suédois sont foncièrement différents dans leur manière de raconter des histoires, ils sont incontournables.

Cela fait dix ans maintenant que je l’ai découverte avec La Princesse des glaces que j’ai lu et relu tant ma « rencontre » avec l’auteure et la Suède ont été des moments marquants dans ma vie de lectrice, mais pas que.
Il faut le dire, qui avant se préoccupait de cette culture scandinave ? Ces pays nous étaient inconnus, leur culture, leur contexte politique et social n’ont jamais autant été mis en avant que ces dernières années dans la littérature.
Grâce à cette saga ma soif d’en savoir plus de découvrir s’est installée, j’ai découvert depuis bon nombre d’écrivains de romans noirs ou de contemporains nordiques grâce à ces pointures émergentes. Et tous les ans le nouvel opus de Camilla  Läckberg  est un événement littéraire que j’attends avec impatience.

La romancière a créé des personnages phares : Erica Falck, Patrick Hedström, ceux qui gravitent autour d’eux sont aussi les fondations de ce succès. La petite ville de Fjällbacka est mise à l’honneur, le succès de la saga a contribué à son développement touristique !
Les intrigues servent un contexte souvent historique de la Suède. J’y ai rencontré un tailleur de pierre, un gardien de phare, une faiseuse d’anges…
Des personnages aux multiples aspérités, grâce à la plume de l’auteure la violence se veut insidieuse, dissimulée, mais significative.

En 2019, l’autrice fait le choix de proposer autre chose, après toutes ces années on peut aisément comprendre cette volonté de mettre sa plume au service d’un nouveau visage, d’un nouveau contexte et peut-être s’adresser à un autre lectorat, plus large.

La cage dorée est le premier « vrai roman » indépendant de Camilla Läckberg ( Cyanure étant une nouvelle spin-off), mais aussi le premier opus d’un diptyque mettant en scène une nouvelle héroïne : Faye.

Nous ne sommes (presque) plus à  Fjällbacka, mais à Stockholm.
Exit Erica, Faye doit assurer la relève.

Les personnages, les paysages, et la face cachée de la population de Fjällbacka m’ont cruellement manqué,j’aurais voulu accrocher à Faye, or j’en suis encore loin et ce presque depuis le début. Pourtant le prologue était jouissif (j’en avais livré les premières lignes ici.),annonciateur d’événements où la plume percutante n’aurait pas perdu de sa noirceur. Les pages défilaient, mes espoirs s’envolaient.
Faye ne fait pas partie d’une population lambda, mais d’une élite suédoise très superficielle. Bien qu’elle soit native de Fjällbacka dans un sombre et mystérieux milieu familial, ses ambitions dès son émancipation à Barcelone et Stockholm ne m’ont pas permis de ressentir la moindre empathie pour elle.
Par la suite ni ses malheurs, ni sa vie conjugale ne m’ont transcendée, ni justifié le fait d’un quelconque engagement dans un mouvement féministe. Sa classe sociale, sa rage, les moyens qu’elle possède pour préparer sa vengeance ne reflètent pas une once d’authenticité, on est loin de pouvoir se retrouver si facilement dans toutes ces facettes et caractère revanchard.

Faye a capté mon attention, mais elle ne m’a pas séduite. Je suis passée par beaucoup de sentiments, à la lecture de nouveau roman, tristesse, colère, et regret… Mais ! Et oui il y a toujours un mais avec Läckberg… Croire et dire qu’il n’y a rien de bon dans ce nouvel opus, c’est se fourrer le doigt dans l’œil ! Sans vous révéler mon sentiment ni quoi, comment et bien j’ai sacrément envie de lire le prochain. Le tome 1 de cette cage dorée n’est peut-être qu’une mise en bouche d’une histoire bien plus noire que ce qu’elle révèle pendant ces 300 pages, car il m’aura fallu attendre la toute fin pour trouver un intérêt à cette nouvelle héroïne, une fin que j’ai accueillie avec le sourire, annonciatrice d’un tome 2 qui je l’espère bien plus sombre et bien plus engagé. 

Camilla Läckberg, La cage dorée, Actes Sud collection Actes Noirs 11 avril 2019, 343 pages 

Résumé

Faye a voué sa vie à Jack, elle a tout sacrifié pour lui. Mais lorsque Jack, coureur de jupons invétéré, la quitte pour une jeune collaboratrice, laissant Faye complètement démunie, l’amour fait place à la haine. La vengeance sera douce et impitoyable : il lui a tout pris, elle ne lui laissera rien.

Premier volet d’un diptyque, «La Cage dorée» est un thriller glaçant qui résonne funestement avec l’ère #MeToo. Pour la première fois, Camilla Läckberg quitte Fjällbäcka pour explorer la perversité de l’homme dans les hautes sphères de la société stockholmoise. Et montrer combien il peut être fatal de sous-estimer une femme…

9 commentaires sur “Camilla Läckberg-La cage dorée-Actes Noirs

  1. Bonjour,
    j’ai aussi terminé ce livre il y a peu et je partage en partie ton sentiment. Si il y a quelque chose que je qualifierai de jubilatoire dans le personnage de Faye et dans le déroulement lent de sa vengeance, j’émets un doute quant à l’image du « combat féministe » que certains ont cru voir. Faye est loin d’être une femme ordinaire, et certains de ses comportements sont très loin d’être acceptables hors du cadre de la fiction. Donc en faire une héroïne féministe me fait un peu tiquer.

    Aimé par 1 personne

    1. Exactement, je cherche encore où est le message féministe, le rapport a #metoo annoncé éventuellement à la fin et encore je pense qu’il s’agit d’un autre combat, peut-être me trompe-je sur ma vision du féminisme. Et puis tout est un peu facile pour elle, dans la vraie vie le féminisme concerne toutes les femmes de toutes les classes sociales.

      Aimé par 1 personne

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