Polar/thriller·Roman noir

REFLEX ~ Maud Mayeras

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Il était temps que je vous parle de Maud Mayeras qui m’avait déjà scotchée avec Hématome, la toute fin m’avait décollé la mâchoire…Voilà qu’elle me l’a refait à l’envers avec REFLEX ! Même si je connaissais son potentiel, la récidive était impossible. J’ai pris l’aller avec Hématome, je prends le retour avec REFLEX !

Reflex est l’exemple même de ces lectures à lire au bon moment. Une photographe de l’identité judiciaire en est le personnage principal ce qui est  déjà un angle original. Dans les polars c’est un métier qui dégage une fascination certaine. Mais cela avait été un abandon pur et simple, ça ne décollait pas et pour cause mon interprétation était belle et bien biaisée par ce résumé… Reflex n’est absolument pas un polar qui laisse une quelconque place à une enquête classique. Là avait été mon erreur de l’aborder comme tel. 

« À chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu’aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ?
Je suis toujours disponible. « 

C’est un des romans les plus délicats que j’ai à chroniquer. C’est un roman noir spécial, très spécial. Cela fait des semaines que je l’ai lu mais entre l’appréhension du spoiler et l’envie de vous partager mon  ressenti je ne savais plus quoi faire ! A l’époque, ayant moins de temps et forcément moins de patience je n’ai pas terminé cette lecture, je l’avais lâchement abandonnée à 114 pages… Oui il y a une mise en place de l’histoire, oui cette alternance dans le passé remonte très loin et tire un peu en longueur, je ne vais pas vous assommer de « enquête menée tambour battant », « écriture direct sans fioritures »  REFLEX c’est tout le contraire.

C’est une manifestation de sentiments contradictoires. Chaque chapitre commence par la litanie d’Iris  » je n’aime pas » :  « Je n’aime pas le silence, il appelle les mauvaises pensées. Je n’aime pas les adieux. Il ne me font rien. Ni bien ni mal. Que dalle. Les adieux sont une foutue perte de temps. Je n’aime pas le thé. Ce goût d’eau qui vous promet la lune et l’Orient, qui vous brûle la langue et vous donne mauvaise haleine. Vous le savez, ce n’est que de l’eau.  » C’est une rétrospective addictive pour qui aime se plonger au cœur de situations pesantes, de personnages sombres. Comprendre le passé pour mieux appréhender le présent. Combien de fois l’a t’on entendu ? Cela n’a jamais été aussi vrai que dans ce roman noir.  Parce qu’à la fin de la lecture, tout prend sens, rien de ce qui a été semé ne se perd dans nos moindres doutes. Les faits, juste les faits. 

C’est une des plus sombres histoires que j’ai lues cette année, il est impossible d’entrevoir la route que voulait emprunter l’auteure. Seules deux certitudes :  Je n’aimais pas Iris, je n’ai eu aucun affect pour elle qui a dû faire le deuil d’un enfant et malgré les douleurs ravivées à présent. Mais cette plume écorchée, cette intonation sèche m’a séduite. Nul doute que cette histoire ne pouvait être racontée autrement, tout est dans le style, l’écriture et l’absence de dynamique qui aurait fait perdre en profondeur et en intensité cette histoire vertigineuse… 

Maud Mayeras a tout pour elle, la plume et l’originalité !

Ne faites pas comme moi, n’attendez pas ! LISEZ-LE ! 

REFLEX~ Maud Mayeras~ Editions Anne Carrière 365 pages ~ Pocket format poche 480 pages. 

Résumé éditeur :

« Perdre un enfant est une maladie que l’on a peur de contracter. C’est une contagion dont on évite soigneusement les infectés. On change de trottoir, on les fuit à toutes jambes.
De ces gens-là, je suis la peste et le choléra. Je suis leur faucheuse, leur cancer, leur 22 long rifle. »

Iris, photographe de l’Identité Judiciaire, shoote comme d’autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Henry Witkin, fruit d’une lignée chaotique de filles-mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées.

Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu’elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent. Ce n’est que lorsqu’il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines.
Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.

 

5 commentaires sur “REFLEX ~ Maud Mayeras

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